Douleurs à l’estomac, brûlures… et si c’était un ulcère ?

Douleurs à l’estomac, brûlures… et si c’était un ulcère ?

Une douleur qui revient régulièrement à l’estomac, une sensation de brûlure après les repas ou au contraire à jeun… Ces symptômes sont fréquents et souvent banalisés. Pourtant, ils peuvent parfois révéler un ulcère digestif, une affection qui nécessite une prise en charge adaptée. Saviez-vous que les ulcères gastro-duodénaux touchent environ 5 à 10% de la population au cours de la vie et qu’en France on note entre 100 000 et 150 000 nouveaux cas par an. Même si la tendance globale est à la baisse depuis 20 ou 30 ans, comment reconnaître les signes ? Quand s’inquiéter ? Et surtout, que faire pour soulager et prévenir ? On fait le point avec votre pharmacien conseil DocMorris.

Qu’est-ce qu’un ulcère digestif ?

Un ulcère digestif correspond à une lésion de la paroi interne de l’estomac ou du duodénum (première partie de l’intestin grêle).

Il s’agit en quelque sorte d’une “plaie” qui se forme lorsque la muqueuse digestive est attaquée par les sucs gastriques acides. En contact direct avec l’acide gastrique cette plaie provoque des douleurs et un inconfort important. Comme son nom l’indique, l’ulcère gastroduodénal peut atteindre différentes parties du système digestif :

  • L’estomac : ulcère gastrique,

  • Le duodénum c’est-à-dire la première partie de l’intestin grêle et on parle alors d’ulcère duodénal.

Quels sont les symptômes d’un ulcère ?

L’ulcère se manifeste la plupart du temps par des crampes, des brûlures et des torsions dans la région de l’estomac. Ces douleurs peuvent même parfois irradier dans le dos. Elles surviennent généralement une à quatre heures après un repas. Le fait de manger permet en général de soulager les douleurs. Les ulcères peuvent également s’accompagner d’autres symptômes digestifs comme des nausées, vomissements, un amaigrissement involontaire... Généralement, ces symptômes ne sont pas présents en continu : ils durent quelques jours, disparaissent... et puis reviennent.

Les symptômes peuvent varier, mais certains signes doivent alerter :

  • Brûlures à l’estomac (souvent décrites comme une sensation de feu).

  • Douleur abdominale localisée (au niveau de l’épigastre) : assez haut dans l’abdomen et douleur centrale.

  • Douleur qui apparaît soit à jeun ce qui est fréquent dans l’ulcère duodénal, ou après les repas plutôt pour l’ulcère gastrique.

Il faut cependant être vigilant car dans certains cas, l’ulcère peut être silencieux… jusqu’à une possible complication.

Ulcère : les principales causes à connaître

Auparavant, l'ulcère était considéré comme une conséquence du stress ou d'une mauvaise alimentation. Mais, on sait aujourd’hui, qu’il est causé majoritairement par une bactérie : Helicobacter pylori. Celle-ci est présente chez de nombreuses personnes de manière asymptomatique. Chez 10 % d’entre elles, elle sera la cause d’un ulcère gastrique ou duodénal. Au final, on retrouve deux grandes causes qui sont responsables de la majorité des ulcères :

Une infection par Helicobacter pylori

Cette bactérie colonise la muqueuse de l’estomac et fragilise sa protection face à l’acidité. Elle est impliquée dans une grande majorité des ulcères.

La prise de certains médicaments

Certains traitements peuvent irriter la muqueuse digestive, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui sont de consommation très courante, car en vente libre (sur conseil du pharmacien) comme l’ibuprofène, par exemple. Ces médicaments représentent la deuxième cause principale des ulcères. Le risque est particulièrement important, en cas de consommation régulière. En effet, les personnes qui prennent des AINS pour traiter une maladie rhumatismale chronique ou qui consomment quotidiennement de l'aspirine à faible dose dans un but de protection cardiaque sont donc particulièrement concernées.

Autres facteurs favorisants

Parmi d’autres facteurs pouvant favoriser le développement d’un ulcère gastrique, on retrouve le stress chronique, le tabac, la consommation excessive d’alcool et une alimentation irritante comme le café (surtout à jeun), les boissons énergisantes, des plats très épicés, poivre, moutarde en excès, les aliments gras et lourds ou encore les jus de fruits acides.

Enfin, les ulcères gastro duodénaux sont beaucoup plus fréquents chez les personnes de plus de 40 ans, d’où une vigilance accrue pour cette population.

Ulcère : les situations du quotidien qui doivent alerter

Certains contextes doivent particulièrement vous faire penser à un ulcère, et notamment une sensation de douleur qui revient régulièrement au même moment. Des brûlures soulagées temporairement en mangeant ou avec un antiacide, la prise régulière d’anti-inflammatoires, des antécédents digestifs ou encore une fatigue inhabituelle associée à des douleurs digestives doivent faire penser à un ulcère.

Le piège étant d’attribuer systématiquement ces symptômes au stress ou à une simple gastrite.

Douleurs à l’estomac, brûlures… et si c’était un ulcère ?

Ulcère : quand faut-il consulter ?

Certaines situations nécessitent une consultation rapide :

En urgence :

  • En cas de vomissements avec du sang,

  • Si présence de selles noires (aspect goudronneux),

  • En cas de douleur abdominale intense et brutale.

Sans urgence, mais rapidement :

  • En cas de douleurs persistantes depuis plusieurs jours/semaines,

  • S’il y a une perte de poids inexpliquée,

  • Si ce sont des symptômes qui récidivent.

Ne jamais oublier qu’un ulcère non traité peut entraîner des complications (hémorragie, perforation).

Comment est posé le diagnostic d'un ulcère ?

Le diagnostic repose sur plusieurs examens, et notamment l’examen de référence qui est une fibroscopie digestive. En effet, grâce à un fibroscope (c’est un tuyau souple introduit par la bouche et muni d’une caméra), les lésions peuvent être localisées et des prélèvements (biopsies) peuvent être réalisées pour confirmer ou non la présence de la bactérie Helicobacter pylori.

Il existe aussi maintenant des tests respiratoires qui sont donc non invasifs et qui se font en laboratoire d’analyse médicale ainsi que des analyses  de selles qui permettent de mettre en évidence la présence de la bactérie Helicobacter pylori. Ils sont surtout utilisés, ces tests non invasifs, pour vérifier la disparition de la bactérie après un traitement approprié.

Cet examen fibroscopique permet aussi d’évaluer la gravité de la lésion d’ulcère.

Quels traitements pour un ulcère ?

Le traitement dépend de la cause, mais repose généralement sur :

  • Les médicaments antiacides qui sont la plupart du temps ce qu’on appelle des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ce sont de puissants antiacides, généralement prescrits pendant 4 à 8 semaines, et ils sont les médicaments les plus fréquemment utilisés pour cicatriser les lésions et lutter contre l’acidité de l’estomac.

  • Le traitement de l’infection à Helicobacter pylori : le médecin a alors recours à une prescription de plusieurs antibiotiques associés à des anti acide de type IPP également. L’objectif étant d’éradiquer la bactérie.

  • Il faut surtout réaliser une adaptation ou arrêter certains traitements en cours, et notamment les AINS.

Que faire au quotidien pour soulager et prévenir un ulcère ?

Voici des conseils simples, mais efficaces à mettre en place :

  • Adapter son alimentation en évitant les aliments irritants : alcool, café, plats épicés, en fractionnant les repas et en mangeant lentement.

  • Limiter les facteurs aggravants comme le tabac et essayer de réduire son stress par la pratique d’une activité physique ou des techniques de relaxation.

  • Bien utiliser les médicaments et surtout ne jamais prendre d’anti-inflammatoires à jeun, toujours au milieu d’un repas, et ne prendre des AINS qu’après avoir demandé conseil à votre pharmacien. Il est surtout important de bien respecter les traitements prescrits : fréquence de prise et nombre de jours de traitement.

  • Des produits utiles en complément du traitement médical sont disponibles en pharmacie comme des pansements gastriques, des antiacides ponctuels, des solutions à base d’alginate prêtes à boire après les repas ou encore des compléments alimentaires pour le confort digestif.

  • Demander toujours conseil à votre pharmacien pour choisir le produit le plus adapté à votre situation.

En conclusion, il faut bien garder en mémoire qu’une douleur à l’estomac persistante n’est jamais anodine, et que si l’ulcère digestif est fréquent, il est en général très bien pris en charge avec un traitement adapté qui permet généralement une guérison complète. En prévention, des gestes simples au quotidien comme le soin de son alimentation et la diminution du stress donnent de très bons résultats.